"I must not fear. Fear is the mind-killer. Fear is the little-death that brings total obliteration. I will face my fear. I will permit it to pass over me and through me. And when it has gone past I will turn the inner eye to see its path. Where the fear has gone there will be nothing. Only I will remain."
Jusqu’à ma rencontre avec Christa, l’un des bonheurs de ma vie d’adolescente avait consisté à lire : je me couchais sur mon lit avec un livre et je devenais le texte. Si le roman était de qualité, il me transformait en lui. S’il était médiocre, je n’en passais pas moins des heures merveilleuses, à me délecter de ce qui ne me plaisait pas en lui, à sourire des occasions manquées.
Par ailleurs, avoir dix ans est ce qui peut arriver de mieux à un être humain [...] Dix ans est le moment le plus solaire de l'enfance. Aucun signe d'adolescence n'est encore visible à l'horizon: rien que l'enfance bien mûre, riche d'une expérience déjà longue, sans ce sentiment de perte qui assaille dès les prémices de la puberté. A dix ans, on n'est pas forcément heureux, mais on est forcément vivant, plus vivant que quiconque."
Je ne vois pas pourquoi je dois m'arrêter. Je sors. Je travaille. Je mets à jour le reste de mes blogs. J'envoie mes mails.
Ce n'est pas comme si je m'enferme dans ma chambre et passe tout mon temps à relire des bouquins dans un pays étranger.
Je ne fais pas ça à part le soir et au petit matin et encore, quand je ne joue pas ou que je ne prépare pas mes repas.
Et je ne sais pas pourquoi je me justifie ici nom de nom de nom, ni à qui mais c'est mon bordel personnel et j'y publie ce que je veux.
Et Robert est une chanteuse assez particulière: sa voix est magnifique.
Pour un écrivain, il n’est pas de plus grande tentation que d’écrire la biographie de son assassin. Robert des noms propres : un titre de dictionnaire pour évoquer tous les noms qu’aura dits ma meurtrière avant de prononcer ma sentence. C’est la vie de celle qui me donne la mort.
Robert des noms propres, Amélie Nothomb
7/20/12
La faim, c'est vouloir. C'est un désir plus large que le désir. Ce n'est pas la volonté, qui est force. Ce n'est pas non plus une faiblesse, car la faim ne connaît pas la passivité. L'affamé est quelqu'un qui cherche.
Plus tard, j’appris l’étymologie du mot « maladie ». C’était « mal à dire ». Le malade était celui qui avait du mal à dire quelque chose. Son corps le disait à sa place sous la forme d’une maladie. Idée fascinante qui supposait que si l’on réussissait à dire, on ne souffrirait plus.
I have been around, sightseeing tourist style. I'm waiting to be confident enough to explore Bangalore my way.
Until then, Amélie is being a real sport and is giving me the usual fresh perspective. Sometimes, I wish her books were longer but I think it's better like this.
-Cette manie de qualifier de fous ceux que l'on ne comprends pas! Quelle paresse mentale!
Cosmétique de l'ennemi, Amélie Nothomb
Ca explique é-nor-mè-ment de choses: pourquoi tout le monde qualifie tout le monde de fou quand tout le monde veut qualifier tout le monde de quelque chose.
Si je prête écoute aux gens autour de moi, je me croirai dans un asile ou l'un est fou parce qu'il passe la nuit à pratiquer sur son instrument et l'autre est folle parce qu'elle passe deux heures à se maquiller et soigner ses cheveux et ainsi de suite....
C'est drôle ce besoin qu'ont les gens d'accuser les autres d'avoir gâché leur existence. Alors qu'ils y parviennent si bien eux-mêmes, sans l'aide de quiconque.
Cosmétique de l'ennemi, Amélie Nothomb
- Alors, pourquoi répugnez-vous à parler de vos romans ? - Parce que parler d'un roman n'a aucun sens. - Il est pourtant passionnant d'entendre un écrivain parler de sa création, dire comment, pourquoi et contre quoi il écrit. - Si un écrivain parvient à être passionnant à ce sujet, alors il n'y a que deux possibilités : soit il répète tout haut ce qu'il a écrit dans son livre, et c'est un perroquet; soit il explique des choses intéressantes dont il n'a pas parlé dans son livre, auquel cas ledit livre est raté puisqu'il ne se suffit pas.
- Voyez-vous, jeune homme, je crois que nous n'avons pas la même conception du mot "sentiment". Pour moi, vouloir casser la gueule à quelqu'un, c'est un sentiment. Pour vous, pleurer dans la rubrique "Courrier du cœur" d'un magazine féminin, c'est un sentiment. - Et pour vous, qu'est-ce que c'est ? - Pour moi, c'est un état d'âme, c'est-à-dire une jolie histoire bourrée de mauvaise foi qu'on se raconte pour avoir l'impression d'accéder à la dignité d'être humain, pour se persuader que, même au moment où on fait caca, on est empli de spiritualité.
Hygiène de l'assassin, Amélie Nothomb
C'est la DERNIERE fois que j'oublie à qui j'ai prêté mon exemplaire d'Hygiène de l'assassin. La dernière que j'oublie à qui j'ai prêté l'un de mes livres tout court.
- Féministe, moi ? Je hais les femmes encore plus que les hommes. - Pourquoi ? - Pour mille raisons. D'abord parce qu'elles sont laides : avez-vous déjà vu plus laid qu'une femme ? A-t-on idée d'avoir des seins, des hanches, et je vous épargne le reste ? Et puis, je hais les femmes comme je hais toutes les victimes. Une très sale race, les victimes. Si on exterminait à fond cette race-là, peut être aurait-on enfin la paix, et peux-être les victimes auraient-elles enfin ce qu'elles désirent, à savoir le martyre. Les femmes sont des victimes particulièrement pernicieuses puisqu'elles sont avant tout victimes d'elles-mêmes, des autres femmes. Si vous voulez connaître la lie des sentiments humains, penchez-vous sur les sentiments que nourrissent les femmes envers les autres femmes : vous frissonnerez d'horreur devant tant d'hypocrisies, de jalousie, de méchanceté, de bassesse. Jamais vous ne verrez deux femmes de battre sainement à coups de poing ni même s'envoyer une solide bordée d'injures : chez elles, c'est le le triomphe des coups bas, des petites phrases immondes qui font tellement plus mal qu'un direct dans la mâchoire.
Il existe depuis très longtemps une immense secte d'imbéciles qui oppose sensualité et intelligence. C'est un cercle vicieux: ils se privent de volupté pour exalter leurs capacités intellectuelles, ce qui a pour résultat de les appauvrir. Ils deviennent de plus en plus stupides, ce qui les conforte dans leur conviction d'être brillants - car on n'a rien trouvé de mieux que la bêtise pour se croire intelligent.
Reading over again my Nothombs. I wonder if it's the french, the familiar author or the air filled with spices but I find myself bathing in an ethereal atmosphere.